.C'est froid. Ça ne soulage pas. Petites perles d'humidité qui s'étirent sur la courbe d'une joue dépoudrée. Démonstration de douleur au coin d'un oeil démaquillé.
En fait, tu vas tellement mal, que l'intensité de ton malaise vient de rouvrir le safran trait. Personne n'est apte à saisir la nuance comateuse de tes mots. Si ! Non ! Si ! Ton ange il le peut. Tu sais, cet être aux ailes noires qui il est près de toi entoure ton corps de ses bras, dépose de doux baisers – telle une fontaine de jouvence libérant tendresse – sur ta peau fatiguée.
Ah... le flot se tarit, le vide s'installe. La lumière tamisée accentue l'intime de ton lit, du stylo courant sur la feuille. Oh ! Un vibration, c'est ton téléphone portable ; ange ou capitan ? Ange. Ange te narrant le besoin qu'il a de toi, de cette amitié si forte. Tu souris, tu ressens la même onde, un flux identique à ce mélange indistinct d'émotions. Deuxième vibration et cette fois capitan. Un message qui tente la culpabilité à gambader , sortir se promener, mais tu lui intimes de rentrer, malgré la souffrance. Non , tu ne veux plus être berné, trop naïve le sieur de lâcheté, trop innocent.
L'ange se manifeste encore, il est aussi cynique que toi, totale fusion. Mais le capitan dansant revient au galop, tu l'aimes tellement. Attention ! Réfrène ta tendresse et ta protection bon marché. Fuis et laisse tomber. Aime et cours te cacher. Il faut Ian, tu en as besoin, mais tu n'oses pas. Alors oublie, lis, vole, fais toi baiser par ta putain de bêtise damnée.
*
J'ai toujours ignoré la source de mes motivations. Je voulais qu'on me désire, qu'on mesure la pleine ampleur de ma fragilité. Je me fatiguais de devoir
l'expliquer, ou le cacher. Ne pouvais t-on pas simplement comprendre ? J'aspirais à une tendresse éternelle, deux bras se renfermant autour de ma taille,
m'attirant, et me protégeant, fermement, ne me laissant pas filer, me retenant.
*
J'ai toujours ignoré pourquoi on ne filtrait rien de mes appels à l'aide. Mon langage aux milles et une métaphores déguisait joliment une parole, mais voulait la clarté. Une fois, je me rappelle, l'amour commençait à naître dans mon coeur, et j'avais peur, tellement peur. Oh ! Pourquoi ? Une histoire récente m'avait cruellement blessée, je voulais une idylle. Mais ça ne s'est pas passé aussi aisément. Dans mon infinie quête de joie, pour mes amis, pour eux, ceux m'entourant, je poussai dans les bras une charmante personne dans celle qui se révélait vecteur de ma propre corruption. L'amour naquit entre eux. Je fus longtemps perdue, un sourire amer salissait mon visage banal, au détriment de mes sentiments, j'avais réussi. Je parlai beaucoup avec le garçon, essayant de lui expliquer derrière un voilage d'insouciance, que j'étais effrayée, que je voulais être forte ! Que j'hésitais, je donnais une image qui sonnait faux, elle me sonnait faux. Il ne le vit pas. Qui le vit ? L'ange ? Oui, l'ange, et l'ange sombrait dans l'ivresse. L'aide fut superflue alors.
J'ai toujours ignoré pourquoi je me faisais souffrir au lieu de sauter sur les occasions. Trop lâche, ça me coûtait mon dieu... Je pleure aujourd'hui même en repensant à mes idioties, au séjour qui devint maudit. Je n'ai jamais regretté de les faire se rencontrer, non, je suis quelqu'un qui aime les autres. Mais la chant de ma douleur était si fort ! Je ne comprenais rien à se qui se passait. Rien du tout. La nuit m'effrayait, chaque jour qui passait, pour des bagatelles d'espoirs. Je repoussais quand on m'offrait pour mieux réfléchir, et quand j'allai faire un pas en avant, on me rabrouait avec innocence. C'était horrible. Horrible pour moi.
J'ai toujours ignoré ce que je voulais à ce moment là. Que ressentais-je ? Je crois qu'on ne m'a pas laissé le temps d'y réfléchir, que toute chose soit posée pour que la puissance soit démontrée. Le temps aurait été magnifique , mais non, cet apollon se dressait sur mon chemin. Que diable pouvais je faire ? Je n'étais pas une chienne bâtarde qui rompe les rêves des gens, la méchanceté n'est pas ma politique. J'étais stupide et enfantine, je n'épargnais pas les erreurs. La perfection, quand vint-elle ? Jamais ! C'est normal, j'étais jeune fille et maintenant je suis femme. Humaine et ses défauts. Une forte affection, avec un désir d'intimité, d'étreintes, et de désirs, sans même avoir vu ! Je voulais être professeur de mes bien piètres connaissances.
Je commençais même à rêver ! Repousser, repousser , repousser .... et regretter. Moi qui avait pour principe de vivre le jour le jour, cette dictée de conduite fut bafouée royalement !
J'ai toujours ignoré pourquoi je me suis préoccupée plus de cette histoire que les autres. Peut être parce c'était nouveau, innovant ! J'étais une adolescente curieuse et adepte des nouvelles expériences. Je me rappelle, oui, ce moment où le garçon enfonçait le couteau dans la plaie. Faisait-il exprès ? « Miséricorde » scandait la conscience tiraillée de mon esprit. Je tremblais d'indécision.
J'ai toujours ignoré pourquoi je me remettais si en question en ce temps. L'image que j'avais de moi était franchement mauvaise, me traitant de putain, de naïve conne, et innocente idiote. J'étais compliquée et tourmentée pour des petits riens voilà tout. J'avais si peur de la solitude, et je la voyais arriver trop vite à mon goût. Peur, tellement peur ! Je ne voulais pas embêter, m'imposer, alors je me retranchais derrière cette image de légèreté, plume de joie et de rires.
J'ai toujours ignoré pourquoi tant de sensibilité venant de moi. Pourquoi souffrais-je autant d'une histoire où, de toute façon, je ne ressortirai jamais gagnante. De plus, je devais sans cesse essuyer ma joue. Je me lassais de moi, de ça, je voulais , et n'avais pas, petite gamine, je me lassais.
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La noble personne avance les pions, noir, blanc, mâle, femelle, haine, amour. De son siège safran velours, il trépigne de gagner, et ceci au détriment de ses propres pensées. Quel homme ! Sombre jeu aux abjectes débouchés ! Stupide manipulation aux airs veloutés. Mépris ? Oui, l'aristocrate ricane de sa propre faiblesse. Une putain n'a pas le droit aux espoirs. Elle baise et encaisse. Sieur devient Déchet, la richesse de ses yeux émeraudes se transforme en putride. Nauséabond amour, Obscure amitié et Alcooliques ambiguïtés.
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Il m'est douloureux de relater l'absolu cruauté de cet homme. Je suis tombé amoureux de lui très tôt, je n'aurais pas du, c'était son piège. Armand est un trésor de paradoxes. Il aspire à la manipulation comme un rapace sur un cadavre. La charogne, c'est nous ; nous tous , qui le côtoyons. Il utilise sa beauté androgyne comme un appat, mais je comprends la source d'un tel comportement. Elevé comme une putain, ses manières féminines et son rire grinçant relatent la haine du monde dans son général. Ce garçon était avide, l'argent est son point faible, les masques sont sa grande passion. Il est charmant , mais son air hautain et son mépris écrase autant que révolte. Son but a toujours été de posséder, d'où l'extrême matérialiste qu'il est. Vous le verrez comme un peste, il n'a pas de morale quand cela concerne les autres, il a toujours dit que seul son amour envers lui-même lui suffisait. D'où son narcissisme flagrant. Il peut paraître détestable, mais ses qualités sont trop dissimulées pour qu'il fasse parti du bien. Sa vie de misère lui a enseigné le péché, il nage dedans avec une maîtrise parfaite de tout art où la méchanceté entre en compte. Mais il ne torture pas, jamais, il tue , de manière sournoise, discrète, jamais dévoilée. Peu savent que sa bisexualité influe sur ses actions. Enormément. Il a une grande passion du corps humain. Absorbé par la maigreur et la finesse, il est très exigeant envers sa beauté, et désire la sensualité comme on désire la générosité. C'est un amoureux du sexe, une nymphe aux mains magiques qui adore ses partenaires et abhorre la force. Le viol est une chose qu'il exècre, son traumatisme ressort énormément alors. C'est un artiste, il joue du violon comme personne n'en joue, sa plume est virtuose, et son chant digne des sirènes. Il cultive cette part de sensibilité en lui, cette fascination enfantine, mais ne la montre que rarement. Seules ses conquêtes aperçoivent cela. Il peut aimer, mais il ne le veut pas, trop fier pour une dépendance quelconque...
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Je les quitte , un instant seulement pour moi – pour eux je ne sais pas - , et à pas lent me dirige comme dans un rêve vers cette chaise. Le soleil dispense ses rayons sur cet endroit précis, et mon corps tressaille d'une émotion indéfinissable. Je repositionne mon bonnet en laine, puis m'assoit , croisant les jambes, feignant la position nonchalante alors que finalement j'émane méditation. Là, c'est comme une autre âme qui me viole, je sens son effleurement malsain, sa beauté fallacieuse, et sa puissance immatérielle. Marie s'est divisée en deux, le fantôme vient la hanter. Je laisse mon regard se poser lentement sur ce manège. J'ai l'impression que mon ventre demande à expulser la rancune qui me ronge. Mes états d'âme tournent comme cette attraction ludique. Je soupire doucement, cherche avec des mouvements spasmodiques mon paquet de clopes, puis dès que la vicieuse est trouvée, je l'allume, prête à l'embrasser. Mes lèvres se posent sur les siennes , cylindriques , filtrées d'une manière si peu efficace que son venin m'empoisonne toujours.
Je les quitte , un instant seulement, mais pourquoi suis je si loin alors ? La musique me donne des frissons, des chuchotements d'une présence passée, la fumée remplit le satané vide qui creuse mon âme. Brièvement, presque avec une avidité honteuse, je les observe , tous , avec une absence méritant la thérapie. Sarcastique, je murmure alors si discrètement.. Avec folie , je m'enfonce des lames de sarcasme. Il y a le prince, celui qui est là , toujours, si parfait de sa personne, si beau, je répugne moi même de souiller son temps précieux. Je devrais indifférer l'ami. Il y a l'amant, le vampire capricieux, dont la simple présence développe mon instinct protecteur, et pourtant je ne sais jamais si je ne dois pas me dépêcher pour empêcher ma douleur de filer dans sa paix. J'aperçois allongée le petit homme, substitut de Ian, et je souris d'une manière sournoise; des images de nos points communs rendent mon jugement cruel et, pourtant, tendre. Puis encore la mocheté, le baume qui recouvre les plaies inconsciemment. Il y a la fiancée, lien indestructible mais ambiguë. Il y a les autres , fraternel gamin, réjouissant mari...
Je devrais indifférer l'ami. Je suis bien, prélassée dans une sombre nostalgie? Elle me caresse, avec plus de sensualité que la chaire peut m'en donner en ce moment. C'est une destruction fastidieuse à deviner. Elle ensorcèle d'autant plus, magie noire dans le prétendu blanc de mon Moi.
Je devrais indifférer les amis.
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